Wanda Jackson : la tornade de l’Oklahoma

On dit d’elle que « sa carrière est peut-être arrivée trop tôt dans un monde musical peu ouvert aux femmes ». Peu importe, au vu de son talent et de son exceptionnel parcours, Wanda Jackson est indéniablement la pionnière du rock’n’roll aux Etats-Unis.
A onze ans, elle gagne un radio crochet. Un peu plus tard, le chanteur de country Hank Thompson la découvre et l’embauche comme chanteuse dans son orchestre. En 1953, elle a seize ans. Elle signe son premier contrat discographique chez Decca Records et devient la première guitariste et chanteuse professionnelle américaine. Tout en restant fidèle à la musique country, très populaire dans son Oklahoma natal, la chanteuse, fan d’Elizabeth Taylor et de Marylin Monroe, souhaite affirmer sa féminité. Elle décide alors de troquer ses chapeaux et ses bottes de cow-boy contre des talons hauts et de flamboyantes robes à franges.
A partir de 1955, elle est à l’affiche des tournées d’Elvis Presley. Sa rencontre avec le King va tout changer. C’est le début d’une histoire de cœur très chaste. Les tourtereaux sortent ensemble, vont au cinéma… toujours accompagnés de leur chaperon Mister Jackson. Selon la légende, c’est Elvis qui aurait encouragé Wanda à s’intéresser au rockabilly. Visiblement, il se serait ravisé par la suite. Peut-être qu’elle devenait une sérieuse rivale, avec des atouts que n’avait pas « Elvis le Pelvis ». Bob Dylan ne la surnommait-il pas, d’ailleurs, « la bombe atomique à rouge à lèvres » ?
Quoi qu’il en soit, Wanda Jackson amorce une évolution qui s’avère fructueuse. Le succès ne sera pas immédiat. Le rock n’en n’est qu’à ses balbutiements, pourtant il scandalise l’Amérique puritaine. Les radios refusent de passer les disques d’une jeune fille qui ose chanter cette musique.
C’est au Japon que la chanteuse obtient son premier véritable hit avec Fujiyama Mama, classé numéro un des ventes en 1957. Un autre titre, plus ancien, Let’s Have a Party, ne connait la consécration qu’en 1960 et reste son seul numéro un dans le répertoire rock. Parmi ses autres succès, on peut citer Mean, Mean, Man, My Baby Left Me, Honey Bop et I Gotta know, ainsi que des reprises comme Hard Headed Woman, Riot In Cell Block n°9 et Long Tall Sally.
En 1961, Wanda Jackson prend la décision de revenir à la country et enregistre un disque à Nashville. Par la suite, sa popularité décline aux Etats-Unis. Elle entame des tournées en Asie et en Europe. Dans les années 1970, la vie de la chanteuse connait une phase mystique, elle se tourne vers la religion, devient Born again Christian et interprète beaucoup de gospel (la religion chrétienne aurait sauvé son mariage avec Wendell Goodman, ingénieur chez IBM).
Les décennies 1980 et 1990 sont marquées par sa présence dans de nombreux festivals country.
Elle revient au premier plan en 2010 avec The Party Ain't Over, un album de reprises (Johnny Kidd, Bob Dylan, Amy Winehouse…) produit par Jack White (The White Stripes).
En 2012, Wanda Jackson sort son trente et unième album studio : Unfinished Business. Cet album est un retour au rockabilly et aux racines de la country.

Photo de une - Photo Wanda Jackson et Elvis Presley © Non renseigné
Photo ci-dessous © Wanda Jackson & the Party Timers (1965) Michael Ochs Archives/Getty Images

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