The GTO’s : un groupe de groupies

La décennie 1960 a été bouleversée par l’action conjuguée du rock’n’roll et de la révolution sexuelle. Aux Etats-Unis, tout devient possible. Sept groupies, des « filles à musiciens » qui ne savent ni chanter, ni jouer d’un instrument de musique, vont monter un groupe de rock parrainé par Frank Zappa.

Bien avant le « Sex, Drugs and Rock‘ n’ Roll » des années 1970, de jeunes californiennes ont consumé leur existence en abusant de ces trois éléments. The GTO’s sont nées dans le Los Angeles des années 1960. Elles sont sept jeunes adolescentes qui vénèrent les Stones, les Who, les Doors... et aspirent toutes à coucher avec le chanteur ou l’un des musiciens. A force de suivre leurs idoles en permanence, elles ont fini pas entrer dans leur cercle rapproché. Frank Zappa prend ces groupies sous sa protection et leur accorde le privilège de faire l’ouverture des concerts de son groupe the Mothers of Invention. La performance des filles est un mélange de théâtre, de danse et de chansons parlées, puisqu’elles ne savent ni chanter, ni jouer d’un instrument de musique. Pourtant, Zappa ne fait pas que les parrainer, il les finance aussi. Il encourage les nymphettes à former un véritable groupe de rock, 100% féminin : Les GTO’s. Il existe plusieurs significations pour l’acronyme GTO : Girls Together Outrageously (Filles ensemble outrageusement) reste la plus répandue.
Permanent Damage, l’unique album enregistré par les filles, et produit par Frank Zappa, sort en 1969. L’aventure du groupe féminin tourne rapidement au vinaigre. Les crêpages de chignons sont quotidiens. Les démêlées à répétition avec la police pour détention de drogue ont raison des GTO’s.
Parmi les sept membres de la formation - qui s’appelaient toutes Miss Quelque Chose - c’est Miss Pamela (Pamela Miller) qui a été la plus médiatisée. Elle a écrit plusieurs livres autobiographiques. Dans le documentaire de Jérôme de Missolz Wild Thing, la folle histoire du rock (2010), son témoignage révèle la nature des groupies de l’époque. En 1960, Pamela a 15 ans. Elle assiste à un concert des Rolling Stones. « Quand Mike Jagger est arrivé sur scène, je me suis dit : je dois absolument baiser avec ce mec-là ! » Plus tard, elle découvre qu’elle a pour voisin… Jim Morrison, le sulfureux chanteur des Doors ! « […] j’étais assez défoncée pour simplement pousser la porte et entrer. Et j’ai dit bonjour. Et il a dit: O.K. enlève-moi ça ! » Miss Pamela a été notamment la maîtresse de Keith Moon, batteur des Who. Aujourd’hui, elle s’appelle Pamela Des Barres (du nom de l’acteur Michael Barres avec lequel elle a été mariée de 1977 à 1991).
Trois miss ont littéralement disparu des radars médiatiques : Miss Mercy (Mercy Fontentot), Miss Sandra (Sandra Leano) et Miss Sparkie (Linda Sue Parker).
Trois autres ont connu des fortunes diverses et des fins tragiques. Miss Christine (Christine Frka) est morte d’une overdose en 1972. Ironie du sort pour Miss Lucy (Lucy McLaren) qui fût la bassiste d’un groupe appelé The Groupies. Elle meurt du sida en 1991. Miss Cynderella a été l’épouse de John Cale durant seulement quelques mois. Elle meurt à 45 ans, dans des circonstances mystérieuses, à Palm Desert (Californie) en 1997. Aux dernières nouvelles, Pamela Des Barres, qui aura 69 ans le 9 septembre 2017, vit de sa plume. Elle écrit pour différents supports (presse papier et web).
Photo de une © Rockumentaire "From Straight to Bizarre"
Photos de Pamela Miller et des GTO's © Non renseigné

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