Ubikande : « rock in progress ! »

La heavy cold wave, ça vous parle ? Non. Alors venez à la découverte d’Ubikande. Ce trio tourangeau a déjà à son actif deux EP que nous qualifierons de post-rock.

On n’appréhende pas le post-rock comme on appréhende le rock garage ou le rockab’. Si vous aimez la trame classique avec ses couplets, son refrain et le pont qui va bien, ne lisez pas cette chronique !
Ubikande, trio né au printemps 2014 à Tours, réunit Cassandre Azama-Buxton (chant), Erwan Ropars (basse) et Julien Puechmaille (guitare) autour d’une quête d’absolu. Il s’agit en l’occurrence ici d’une quête musicale, celle de la heavy cold wave. Pour faire pas simple, nous dirons que leur style musical est un mix d’influences post-goth-punk-indus-cold wave. Leurs compos sont autant de tableaux expérimentaux et fantasmagoriques qu’il y a d’influences ! Leur post-rock est une diabolique entreprise de déconstruction (et non pas de démolition). Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter successivement EP.1 (EP - 2015) et Mania (EP - 2017).
Avec EP.1, l’auditeur est complètement perdu. Le Berlin interlope des années 1970 a rendez-vous avec la vague punk british. Un ingé son machiavélique a mélangé les bandes de Pink Floyd et de Kraftwerk. Des voix éthérées dominées par une musique puissante font (irrémé-diablement) penser à une nuée d’anges blancs essayant d’échapper aux noirceurs de l’enfer. Le titre Luseed commence par ces paroles : « I can’t get no satisfaction » : clin d’œil ou sacrilège ? Malgré cette profusion d’émotions et les qualités intrinsèques de chacun de ses titres, ce premier album a laissé notre rédaction perplexe. Il manquait on ne sait quoi pour générer le coup de cœur.
A l’écoute du second opus, tout devient plus clair. En fait, EP.1 a jeté les bases de la heavy cold wave et forgé l’identité d’Ubikande. L'album Mania séduit dès l’écoute de Totem. Idem avec Blackout. Il est vrai que ces deux titres mettent beaucoup plus en avant Cassandre, la chanteuse. C’est peut-être cette présence qui manquait sur EP.1. Cela ne nous a cependant pas empêché d’apprécier Saturne, l’unique morceau 100% musical. Il confirme d’ailleurs la tendance de Mania qui s’inscrit dans une veine post-apocalyptique, où la mélodie mécanique domine. Avec Panca, Ubikande renoue avec une composition qui multiplie les variations musicales et vocales : c’est notre titre coup de cœur.
Au final, il reste à vérifier si le trio tourangeau est aussi à l’aise « dans le secret des salles tamisées que sur le pavé des rues grouillantes ». Il reste à découvrir Cassandre Azama-Buxton, qui doit être, en live, une chanteuse « habitée » !
www.facebook.com/ubikande
Bandcamp : ubikande.bandcamp.com
Photo de Une © Laurent Depeigne Photographies
Photo ci-dessus © Claire Vinson
    
EP1 © Sébastien Béné-Le Touarin / MANIA © Fred Gaudon & Ubikande

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